Lumière noire
3 Octobre – 19H20Alvarez quitta l’immeuble d’Angelyne face à la librairie, passa non loin de l’Eglise, et traversa les beaux quartiers d’Utopia.
Le soleil se couchait. Au fil des rues, les ombres gagnaient du terrain. Et bientôt, il n’y eut plus que la lueur inquiétante jetée sur le centre-ville pour guider le voyageur imprudent.
Il parvint néanmoins sans encombres à l’agence Yale.
Le chambranle brinqueballait dans la brise ; la porte avait été défoncée.
La première salle d’accueil présentait nombres de photos de célébrités, mannequins et actrices, censées mettre les clientes en confiance sur les prouesses de Jonathan.
Un comptoir design en verre noir, une plante exotique, et une petite fontaine d’intérieur complétaient le tableau. C’était très classe.
Il n’y avait qu’un détail qui choquait : un impact de balle et des projections brunes sur un mur immaculé…
La moquette humide chuinta sous le pied du visiteur. Une flaque sombre. C’était du sang. En quantité.
Il y avait deux autres impacts au sol, et deux balles tordues, exactement les mêmes que celles extraites du corps d’Angelyne.
Deux portes menaient à un bureau, et à un laboratoire de développement photo. Le néon grésilla à l’entrée d’Alvarez. Tout était sens dessus dessous. Matériel renversé, lampes brisées, fauteuils éventrés.
Un petit ascenseur privé menait à l’étage. Un bel appartement était dans le même état. Il n’y avait certainement plus rien d’intéressant à trouver ici. Quelqu’un était passé avant.
Mais le plus inattendu était encore que le corps de Jonathan Yale avait disparu.