
|
| | |
| Auteur | Message |
|---|
Invité Invité

 | Sujet: Le bal des enfoirés Mar 30 Oct - 23:13 | |
| 1 octobre, 16 heures 02 Le froid. Ce fut cela qui l'éveila. Un froid aigu qui transperçait la chair jusqu'aux os et faisait crisser les dents de douleur. Pourquoi avait elle si froid? Angelyne peinait à comprendre. Seuls le froid et des idées confuses existaient. Elle sortit peu à peu de l'inconscience, recroquevillée sur le lit en position foetale mais ce fut pour ressentir les affres d'un affreux mal de tête. Il faisait trop froid dans cette pièce. Si elle ne s'éveillait pas, elle allait mourir. Ouvrir les yeux. Oui, ouvrir les yeux serait un bon début. La juene femme souleva les paupières comme si chacune pesait des tonnes mais renonça à bouger la tête. Il fallait y aller doucement, ressentir l'entièreté de son corps avant de bouger, même et surtout si ça faisait mal. Ne rien aggraver surtout parce que, d'instinct, elle savait qu'elle était dans une sacrée panade. Sa vision s'adapta à la pénombre. Quelques néons se trouvaient sur sa gauche et éclairaient faiblement un plafond crème ou blanc. Rien d'autre. Il allait falloir tourner la tête, donc. Sa nuque lui faisait un mal de chien mais, quand ses yeux heurtèrent ce qui se trouvait à sa droite, elle se redressa d'un seul coup. - L'enfoiré! Elle se souvenait à présent. Le bar, l'inconnu, l'hôtel chic puis le gouffre. La réalité s'imposait en laissant béant le gouffre des dernières heures. Cet imbécile avait trouvé le moyen de mourir. Comment, cela restait un mystère. Pas de sang, seulement ses yeux grand ouverts sur le vide. Ouais. La prochaine fois, il faudrait qu'elle pense à demander au gars s'il était cardiaque ça lui éviterait de se trouver en bas et chemisier à côté d'un maccabée. - On s'en fiche! Pourtant elle claquait incoerciblement des dents et ce n'était pas lié au froid. Il fallait se ressaisir. Ce n'était pas la première fois qu'une telle chose arrivait et ce type, elle ne le connaissait pas. Il n'existait pas, voilà tout. Cela étant posé, il suffisait de regarder autour de soi et de tâcher de déterminer ce qui s'était passé. Non. D'abord l'étendue des dégâts parce que, tout de même, la vitre de la fenêtre avait volé en écats, de l'eau venait de la salle de bains pour innonder le tapis et la porte était fracassée. Par une canalisation d'air conditionné. Du moins c'était ce qu'il lui semblait. De toutes façons, qu'il s'agisse d'un tuyau ou d'autre chose importait peu. Cela avait dû faire un boucan d'enfer et elle était seule avec un homme qui n'avait eu ni le temps d'être son amant ni celui de donner son nom. - Ce n'est pas normal. C'était d'une évidence criante mais cea la rassurait d'entendre un son, fut-ce sa propre voix. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Mer 31 Oct - 0:00 | |
| L’ouverture béante de la porte exerçait une étrange fascination sur Angelyne. Elle était la seule issue, peut-être une voie de salut mais plus certainement une entrée pour les emmerdes. Il y avait eu catastrophe même si elle ignorait de quoi il s’agissait. Dans ces cas là, pour un brave type qui vous tendait une main secourable, on trouvait dix salauds prêts à vous piquer votre sac ou à vous culbuter. Elle eut un sourire cynique. Après tout, elle était venue pour ça, non ? Cela lui apprendrait à laisser son chat seul à la maison pour jouer les … Même pas. Une ou deux fois par an, cela n’avait rien d’un luxe. - Surtout quand ça finit comme ça ! Elle retrouva sa jupe puis ses chaussures en les cherchant plus ou moins à tâtons. Finalement on pouvait avoir de la chance dans sa poisse. Elle aurait pu se couper ! Un rire monta du fond de sa gorge mais elle le contint. Si elle riait, elle perdrait tout à fait la tête. Ne pas paniquer… Si elle gardait son sang froid, elle pouvait se sortir de là. Du moins dès que ce vertige qui l’avait saisie quand elle s’était levée voudrait bien la lâcher. Ne pas rire, ne pas vomir. A cette condition, ça passerait. Voilà. Le sol devenait stable sous ses pieds. Il ne restait plus qu’à se pencher en se tenant bien au dossier de la chaise pour récupérer son manteau de cuir. Non, d’abord le secouer. Des éclats de verre traînaient dessus et si elle se souciait comme d’une guigne de sa manche déchirée, l’idée de se couper ne lui souriait guère. Le sac, ok. - On y va ! Un instant, elle pensa que chantonner serait peut-être une bonne idée. Les soldats chantaient parfois au front pour se donner du courage. Elle fredonna quelques notes puis cessa en réalisant que c’était pis que de se taire. A propos de pire, le couloir illustrait bien le terme. A cause de l’odeur ou plutôt des odeurs parce que sous les remugles entêtants du sang, on en distinguait d’autres. Les canalisations d’air conditionné n’étaient pas les seules à avoir sauté et ça puait de partout. Le sol était poisseux par endroit mais elle ne vit qu’un peu plus loin la fille d’étage qui s’était ainsi vidée sur la moquette. Dieu seul savait comment elle avait trouvé la force de ramper avec une cheville sectionnée et un bout de métal enfoncé dans l’épaule. - Instinct de préservation. C’est magique ce truc. C’était même vachement magique parce que ça la poussait à avancer, à enjamber les corps, à se rattraper au mur quand elle glissait sur du sang, à se pencher sur l’un ou l’autre qui semblait moins mort que les autres. Mieux valait dédaigner l’ascenseur. Si l’électricité lâchait tout à fait, elle crèverait toute seule. Elle s’en tapait un peu mais ça pouvait prendre du temps et ça, c’était plus embêtant. Quoique, si elle marchait, elle ne s’en balançait pas tant que ça, si ? Elle tenait le titre de son prochain roman. Autobiographique celui là. « La résurrection de … » - Conventionnel. Ses pensées cyniques l’aidaient à descendre dans le noir. Un noir absolu. Il suffit d’avoir connu ça une fois pour ne jamais l’oublier. Le silence, le noir, l’odeur de mort – parce que ça pue un mort même frais – tout cela lui donnait l’impression de descendre dans sa propre tombe. Un pas après l’autre, chaque fois le risque de se tordre le cou, une marche sous l’autre. Son pied trouva une surface plane puis sa main un mur rugueux. Il suffisait d’avancer encore un peu pour trouver une porte et la pousser. Pourvu qu’il n’y ait pas un truc devant. Ce serait trop bête ! Aussi con que dans un polar de série Z |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Mer 31 Oct - 1:01 | |
| Première évidence : les gens se plantaient méchamment de croire qu’une corde de pendu portait bonheur. C’était d’avoir un pendu dans l’écurie qui sauvait de tout ! Deuxième évidence : Elle était méchamment secouée pour nourrir des idées pareilles ! Il n’empêchait qu’elle y était bel et bien dans ce hall même si le comptoir de la réception avait été écrasé par le faux plafond et que, entre les deux, une moitié de tête la fixait. Enfin, façon de parler vu que l’œil pendouillait hors de son orbite. - Tous des enfoirés. Sa voix était bizarre. Comme si elle avait beaucoup bu. Angelyne s’appuya au mur et se laissa lentement glisser sur le sol. Elle avait fait le plus dur. Par la porte vitrée miraculeusement intacte, elle apercevait la rue. Le trottoir était éventré, une voiture en chevauchait une autre et les néons papillonnaient mais, au moins, elle serait à l’air libre. Jamais elle n’avait eu tant besoin d’air mais la liberté était encore à quelques pas de trop. Il fallait d’abord récupérer du choc. Vite mais se donner un peu de temps quand même. Curieusement, si l’on comparait au premier étage ou à ce qu’elle en avait vu, l’endroit n’avait pas trop souffert. Trois ou quatre morts, du sang mais de l’espace et pas cette odeur de merde qui prenait à la gorge en faisant monter les larmes aux yeux. Pas de dément paniqué non plus. Rien que des gentils cadavres inoffensifs. Sa main palpa quand même son sac de cuir noir et elle sourit en sentant le renflement de son Lüger. Finalement, la conscience professionnelle avait du bon puisque c’était en se documentant pour un roman qu’elle avait appris à tirer. Elle avait appris par souci d’exactitude pour éprouver la sensation du recul, le poids de l’arme avant et après, l’odeur de la poudre. C’était grisant de tirer même sur des figures de carton. Elle s’était prise au jeu et avait continué. Et ça allait peut-être s’avérer bien utile. Un mort de plus ou de moins, tant q’il ne s’agissait pas d’elle, qu’est ce que ça changerait au fond ? C’était même pratique que tout le monde ne s’en soit pas tiré. Si sa voiture était fichue, elle n’aurait qu’à se servir. - Dans tes rêves ma grande ! Le rire qu’elle avait su contenir remonta sans crier gare et éclata franchement. Elle ne savait pas forcer une porte de bagnole et encore moins la faire démarrer sans clé. Mauvais point ça, très mauvais point ! De toutes façons, elle n’avait aucun sens pratique. Ni les mots ni les anciennes mythologies ne l’aideraient. Cela n’aidait qu’à partager des mondes imaginaires, se créer une vie intérieure et fuir le reste. Sauf que là, la réalité l’avait bien rattrapée et prise à la gorge. Il allait falloir s’adapter au moins le temps de rentrer chez elle si elle en avait encore un. L’appartement, les disques, l’ordinateur, tout ça pouvait être réduit en tout petits morceaux sans que ce soit grave. Elle avait les moyens d’assurer de ce côté-là mais l’idée que son chat soit coincé sous un meuble ou crève de faim lui était intolérable. Et c’était bien pour ça qu’elle ne voulait plus d’amis, de petit ami ou autre chose. Tôt ou tard, ils meurent et vous laissent comme une merde en disant que vous n’y êtes pour rien. Et même sans ça, quand on les aime, on a mal pour eux, on a peur. - Qu’est ce que j’avais besoin d’un chat, tiens ! Il n’empêchait que sa longue tête chocolat sertie d’yeux verts suffisait à la faire fondre. Et c’était ça son moteur pour se relever et avancer jusqu’à la porte pour trouver de l’air frais et un moyen de rentrer chez elle. Purée ! Elle ne pouvait pas être le seul survivant du coin. Pourquoi elle d’ailleurs ? Il fallait aller voir plus loin. Si ça se trouvait tout était normal plus loin. Un truc avait sauté et… Elle haussa les épaules. Elle avait beau bâtir des châteaux en Espagne, ils ne tenaient pas. Il y aurait eu des bruits de sirènes, des secours. Le plus sûr moyen de s’assurer de l’ampleur de la catastrophe aurait été de téléphoner mais l’appareil du hall tenait compagnie à la demi tête et n’était pas en meilleur état que cette dernière. A part pour l’œil évidemment. Angelyne jura entre ses dents en constatant que la porte automatique refusait obstinément de s’ouvrir de s’ouvrir. Elle chercha des yeux un truc à balancer dessus jusqu’à ce que le verre cède. Un fauteuil trop lourd pour elle, un parapluie. Comment ce truc frêle était il en un seul morceau ? Son frère le parapluie ne ferait pas l’affaire pour fracasser la porte en tous cas. Pas de chance. Elle commençait à s’impatienter parce que la panique recommençait à monter quand elle vit un objet qui pouvait s’avérer utile. Un joli lampadaire design. Bien droit comme elle et le parapluie. Elle l’abattit de toutes ses forces sur la porte. Un craquement retentit et une fêlure apparut. Si la lampe tenait bon, elle serait bientôt dehors. Elle asséna un second coup, rétablir son équilibre et constata que la fêlure partait à présent en étoile. Il suffisait d’un coup ou deux encore. |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Jeu 1 Nov - 11:47 | |
| Lizzy avait marché et marché encore. Elle avait mal aux pieds. Partout autour d'elle, c'était la même chose : destruction et mort. Pas un chat, au propre comme au figuré. Elle serrait son sac contre elle, la tête baissée, fixant le bitume devant elle. Ses yeux ne voyaient plus les cadavres, elle les ignorait totalement. Leurs yeux vitreux semblaient lui reprocher la mort d'Harmony. Elle, elle s'en foutait. Cette salope n'avait eu que ce qu'elle méritait ! N'est ce pas ? Elle n'en pouvait plus de ce silence mais avait cessé depuis longtemps de se demander où étaient les secours, les camions de pompiers, les bagnoles de flics et les hélico. Elle était seule. Ils étaient tous morts et, elle, elle était en vie. Elle s'était changée aussi. Elle avait laissé sa jupe déchirée loin derrière elle, ses chaussures trempées de sang et de flotte aussi. Elle avait juste gardé la veste de Kevin parce qu'elle était un peu plus chaude mais elle comptait bien s'en débarrasser dès qu'elle trouverait autre chose. Par contre, si on le lui demandait, elle serait bien incapable de dire où elle avait trouvé ce jean, cette chemise beige et ces baskets noires... Il y avait comme un blanc dans sa tête et elle ne voulait pas l'explorer. Elle était au sec et c'était tout ce qui importait. Ah non, elle avait soif aussi. Et faim. Mais elle continuait à avancer tout droit, sans trop savoir où elle allait ni si elle souhaitait qu'on la trouve. Un choc sourd la fit sursauter. Encore un pan de mur qui s'effondrait au loin ? Elle en avait tant entendu ces dernières heures... Non, c'était tout près. Elle se mit à trembler sans savoir pourquoi et leva la tête. Un second coup. Elle tourna la tête et vit la silhouette derrière cette porte en verre. Etait ce un homme ou une femme ? Elle était dans l'ombre et derrière la vitre qui se craquelait, impossible de savoir. Elle resta là sans bouger, son sac serré contre sa poitrine, à regarder cette forme se débattre derrière la vitre. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 11:30 | |
| Un peu haletante, Angelyne posa le lampadaire au sol sans le lâcher pour autant. Elle s’y cramponnait comme à la seule chose tangible qu’elle ait jamais connue. Pourtant, son compagnon d’infortune était sacrément piteux : des éclats de métal s’en étaient détaché, il était tordu mais il tenait bon. - On ne t’en demande pas plus mon vieux. Ne me lâche pas. Son épaule non plus ne lâcherait pas. Elle se contenterait de lui faire un mal de chien parce qu’elle avait frappé sans mesure, sans discernement. Ce n’était pas tout de fracasser un luminaire innocent sur une porte qui ne l’était pas moins. Encore fallait il le faire intelligemment, sans paniquer parce que l’air et le salut étaient de l’autre côté. Enfin, le salut, c’était vite dit ! Tout cela n’avait pas paru trop engageant de loin et ça l’était moins encore de près. Pour le peu que les fêlures du verre le laissaient voir, c’était pire que ce qu’elle avait cru. - Bien ! ça m’apprendra à être optimiste tiens ! Elle prit une profonde inspiration et souleva à nouveau le lampadaire en un bel arc de cercle. Pratique la décharge d’adrénaline : les mères soulevaient des voitures et elle un bidule tordu en métal. Même et surtout si ça faisait mal parce que ça mettait en rage. Puis jurer un bon coup ne ferait pas de mal non plus. Parfois on s’échinait sur un truc en pure perte et tout se décoinçait dès qu’on lâchait sa hargne en un mot grossier. A se demander si les objets avaient peur. - Saloperie ! Crac ! Jamais elle n’avait entendu un bruit aussi libérateur, aussi beau que celui là ! Bach pouvait s’aligner ! La vitre ne tenait quasi plus, quelques fragments déjà avaient fusé sur le bitume. Cela lui donna le courage de recommencer en poussant un cri inarticulé où la rage le disputait au triomphe. Enfin, cette saleté de porte éclatait ! Elle crachait ses morceaux vers l’extérieur comme si elle n’avait attendu que cet ultime coup pour se lâcher. C’était très sain d’exploser. Il faudrait s’en souvenir parce que quelque chose lui disait que les occasions n’allaient pas manquer. Elle approcha son visage de l’ouverture pour respirer autre chose que l’odeur cuivrée du sang. Bilan : essence, goudron, excréments, mort mais quelque chose qui se renouvelait, s’infiltrait en elle, lui donnait une sensation agréable. A présent, il fallait seulement agrandir la trouée sans se couper. Pas de beaucoup mais tout de même un peu sur les côtés puis de ne pas se prendre les pieds dans ce qui restait en bas. D’un pas déterminé, elle retourna vers cadavre un œil. Elle détestait cela mais il fallait bien prendre un bout de tissu quelconque pour protéger ses mains. Or, elle avait besoin de son manteau et de sa jupe tout de même alors que lui n’aurait plus jamais besoin de quoi que ce soit. - Ne me regarde pas comme ça. Dieu te le rendra. L’ironie facile ne suffisait pas à masquer le reste. Ce gars avait peut-être encore quelqu’un qui l’attendait chez lui en se rongeant les sangs. Ce n’était pas juste ! Sauf qu’elle n’avait pas le temps et moins encore l’envie de pleurer ! Angelyne arracha un pan déjà bien entaillé du veston du cadavre et retourna à la vitre en enroulant le tissu autour de sa main droite, puis commença à détacher les morceaux de verre qui voulaient bien se laisser faire. En tournant la tête, elle eut un hoquet de surprise. Comment tenait il debout celui là ? Elle éclata de rire en constatant qu’il ne s’agissait pas d’un cadavre. Un petit rire sec et nerveux mais c’était mieux que rien. Et puis il fallait bien relâcher la tension, pas vrai ? - Salut! L'entrée en matière était banale mais la jeune fille semblait aussi sonnée qu'elle-même, voire plus. Elle ne s'en formaliserait pas et quand bien même, on n'en était plus à échanger des propos urbains. |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 11:50 | |
| C'était une femme donc. Lizzy la regarda mais aucune émotion ne passait sur son visage. Elle serra encore plus son sac contre elle, comme s'il pouvait être un rempart contre une agression, et seul son regard pouvait témoigner de sa méfiance. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 13:21 | |
| L'inconnue ne semblait guère communicative mais, au fond, ce n'était ni important ni vexant vu les circonstances. D'ailleurs Angelyne aimait assez cela. Le sort de quelqu'un qu'on ne connaît pas n'interpelle jamais assez pour faire souffrir. Le tout c'était que la fille ne lui tombe pas dessus parce qu'elle se sentait agressée. - Je veux seulement sortir d'ici. Angelyne ramena son sac contre elle, le mit en bandoulière et repoussa le rabat très discrètement. Après quoi, elle avança le haut du corps par l'ouverture. - Si vous ne me tombez pas dessus, je ne vous embêterai pas non plus, d'accord? Elle se demandait qui des deux elle essayait de rassurer mais elle était sûre d'une chose: ne pas avoir envie de se friter avec cette nana. Si ça se trouvait, elles étaient les deux seules survivantes du coin alors autant ne pas diviser la densité de population par deux. |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 15:52 | |
| Elle la regarda essayer de s'extirper de là où elle était puis décida de venir l'aider. Elle lacha son sac qui tomba par terre et s'avança vers la seule personne vivante qu'elle ai vue depuis des heures. - Donnez moi la main. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 19:54 | |
| Angelyne fut agréablement surprise par le changement d'attitude de la jeune fille. C'était déjà bien suffisant de se dépatouiller dans un monde obscur, coupant, glissant et puant sans en plus se coltiner l'animosité d'une inconnue. Ni avoir à la lui retourner parce que, à vrai dire, elle n'avait aucune envie de se battre. Elle lui tendit la main en même temps qu'un sourire un peu crispé. - Merci. Elle leva bien haut une jambe, se souciant moins de dévoiler ses cuisses que de s'entailler aux arêtes de la vitre. Poser le pied, attendre qu'il soit bien assuré sur le sol avant de lever l'autre... Cela semblait durer une éternité mais jouer les gazelles impatientes aurait été une folie. Marcher ou courir avec des échasses soit mais sauter avec pouvait signifier se faire une belle entorse. Ce n'était pas le moment! Angelyne poussa un soupir de soulagement puis aspira l'air à pleines goulées. Merde! Elle ne s'était pas attendue à ça. Elle recula jusqu'au mur et s'y appuya. - ça va passer. C'est le choc ou le sang sans doute. Toujours était il que tout tournoyait autour d'elle. Ne pas tomber dans les pommes, pas maintenant! Elle se mordit l'intérieur de la joue jusqu'à en avoir les larmes aux yeux. Bel acte d'automutilation récompensé par le Seigneur, amen! |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Ven 2 Nov - 20:16 | |
| Lizzy ne savait pas trop quoi faire. Elle avait aidé cette femme à sortir de là mais ne savait pas comment réagir. Elle jeta un oeil par la porte vitrée défoncée et apercut quelques formes indistinctes dans la pénombre. Encore des cadavres. Elle regarda l'inconnue, se demandant encore si elle ne rêvait pas de trouver quelqu'un de vivant dans cet enfer. - Il va bientôt faire nuit, dit elle d'une voix morne en regardant la rue cette fois. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Sam 3 Nov - 21:50 | |
| Angelyne avait totalement perdu la notion du temps. Quelle heure était il quand elle s'était retrouvée à l'hôtel avec son éphémère (presque) amant? 2 ou 3 heures du matin, quelque part par là mais après, que s'était il passé? Impossible de se rappeler. Ce qui était certain c'est qu'elle avait envie de rentrer chez elle, de voir s'il restait quelque chose de son appartement, si son chat était sain et sauf. Et si oui, prendre un bain, très long et très chaud de préférence. - Ma voiture n'est pas très loin et je n'ai pas l'intention de moisir dans le coin. Si ça vous dit, je vous fais profiter du voyage. Elle hésita une fraction de seconde. Depuis combien de temps personne d'autre que la femme de ménage n'avait il mis les pieds chez elle? Bah! Au point où en étaient les choses... - On pourra voir si mon téléphone fonctionne. Elle indiqua l'hôtel d'un mouvement de pouce. - Là, c'est mort. Question humour, on pouvait difficilement faire plus noir mais c'était de l'humour et, à tout prendre, mieux que de crever de trouille. Avait elle peur? Aucune idée. Elle se sentait simplement anesthésiée. La phase salutaire où l'on ne ressent rien est toujours un bon moment pour agir. On aviserait après. |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Dim 4 Nov - 14:00 | |
| Lizzy eut un sourire qui ressemblait plus à un rictus mais c'était tout ce dont elle était capable pour le moment. Elle avait failli rire nerveusement à la dernière phrase de la femme mais s'était retenue de justesse. - J'ai des doutes... continua-t-elle de sa voix atone. Pour le téléphone... et pour la voiture aussi... Elle regarda autour d'elle avec un haussement d'épaules. - Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les routes ne sont plus vraiment praticables. Elle fixa à nouveau l'inconnue puis avança vers elle pour lui toucher le bras de l'index, comme si elle voulait se persuader qu'elle était bien en présence d'un être humain et pas d'un fantôme issu de son imagination secouée. - Ils sont tous morts, dit elle soudain, la voix étranglée par un sanglot qu'elle ravala immédiatement. Tous... |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Dim 4 Nov - 14:18 | |
| - Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les routes ne sont plus vraiment praticables. Angelyne haussa les épaules en un mouvement faussement désinvolte. Bien sûr qu'elle avait remarqué mais l'idée de lanterner ici en se demandant s'il restait quelque chose de son ancien univers ne la branchait pas vraiment. Elle maîtrisa un mouvement de recul purement réflexe quand la fille s'approcha et se trouva sans doute aussi rassurée qu'elle par le contact de son doigt. Soit elles étaient en vie soit elles étaient en mortes et en enfer mais en tous cas pas seules. A tout prendre, c'était mieux que rien. - Ils sont tous morts. Tous... Mieux valait ne pas exposer sa théorie personnelle de la situation sinon l'inconnue allait s'effondrer. Au prix d'un gros effort, Angelyne misa sur l'espoir. Mince, ridicule mais espoir quand même. - On dirait bien. En tous cas par ici mais c'est peut-être moins grave plus loin? Bien sûr! Et puis quoi encore? Elle-même n'y croyait pas. |
|  | | Lizzy Olsen

Nombre de messages: 141 Age: 21 Localisation: Agora School Date d'inscription: 25/10/2007
 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Dim 4 Nov - 14:58 | |
| - Vous n'y croyez pas... répondit Lizzy. La june fille se demandait si elle avait envie de trouver d'autres gens. Oui. Elle ne pouvait pas rester ici de toute manière. - Pardon... Mais vous êtes la première que je vois en vie depuis... depuis... Depuis combien de temps au juste ? Peu importe. Elle balaya cette pensée d'un geste de la main. - Je m'appelle Lizzy. J'étais à la fac quand... Quand quoi ? Son regard s'assombrit un court instant. Elle revoyait les images terribles qu'elle avait vécu : Harmony qui la coinçait dans les toilettes, Kevin qui s'approchait d'elle en riant, le sol froid, les coups... Elle se mit à trembler en revoyant la cervelle d'Harmony exploser sous son coup de parpain... Mais surtout quand elle se rendit compte qu'elle n'en avait aucun remord. |
|  | | Invité Invité

 | Sujet: Re: Le bal des enfoirés Lun 5 Nov - 13:51 | |
| - Ga... Angelyne. Elle avait failli donner son nom de plume non par défiance- défiance de quoi d'ailleurs? - mais par habitude. Peut-être aurait ce été mieux. Quelle idée était passée par la tête de ses parents franchement! Au moin Lizzy, c'était joli, ça chantait. - Vous avez raison, je n'y crois pas trop mais j'ai quand même envie de savoir s'il reste quelque chose à sauver chez moi. Son regard fit le tour du paysage dévasté. - Vous n'avez pas envie de tenter le coup? Au moins, si les murs sont debout, on sera sûres de ne pas trouver de corps et presque que ça ne puera pas. |
|  | | |
| Page 1 sur 3 | Aller à la page : 1, 2, 3  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|